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Se faire voler son passeport à l’étranger : ça nous est arrivé ! 

Se faire voler son passeport à l’étranger : ça nous est arrivé ! 

Notre mésaventure à Buenos Aires et les différentes solutions qui s’offrent à vous

Quand on part en voyage, notre hantise à tous, c’est de se faire voler ses papiers. On a toujours l’impression que si on ne les a plus, on est dans une mouise sans nom, coincé dans le pays sans aucun moyen de prouver qui l’on est. Mais ça nous est arrivés, et je vous jure qu’il y a pire. En fait, c’est plutôt simple, il suffit de prendre le temps et les précautions nécessaires…

Mais d’abord, notre histoire. 

Cela faisait 4 mois et demi que nous avions quitté la France pour un tour du monde commençant par l’Amérique du Sud. Nous avions déjà voyagé en Equateur, au Pérou, en Bolivie et étions en Argentine depuis quelques semaines.

Ce jour-là, nous arrivions à Buenos Aires par bus de nuit. C’était le 14 juillet 2018, et nous sommes sortis du bus avec nos 4 sacs à dos (2 grands et 2 petits d’appoint) à 10h du matin. Comme à notre habitude, nous nous dirigeons vers les bus de la ville et cherchons celui que nous devions prendre pour rejoindre notre Airbnb. Mais le chauffeur ne nous laissera pas monter dedans : il faut acheter une carte magnétique à recharger, et même si des personnes proposent de passer leur carte si nous leur donnons la somme en cash, il refuse tout net.

Bon, ben on redescend, et commençons à marcher vers le kiosque vendant les fameuses cartes magnétiques. Là, je suis derrière Rémy, et me rend compte que son sac est plein d’un liquide jaune que j’identifie comme de la fiente d’oiseau. Il se retourne et remarque que j’en ai moi aussi partout sur le sac, et que ça me dégouline sur le pantalon et le pull. Impossible de continuer comme ça, alors on se trouve un petit coin à l’abri, et posons nos 4 sacs en tas contre un grillage, à côté d’une vendeuse d’empanadas dont le stand nous évite les intrus arrivant de côté. Rémy commence alors à me nettoyer le dos et le pantalon, et une femme arrive en courant, lui donne des mouchoirs et l’aide à me nettoyer. Elle me prend alors la tête en la tournant et la baissant vers l’arrière, tout en lui disant « Regarde, elle en a dans les cheveux ». Et là, je ne sais toujours pas pourquoi, j’ai tout de suite tout arrêté et suis partie vers les sacs. Mais trop tard : l’un d’entre eux, un petit, avait déjà disparu.

Toute cette scène n’a duré que 10 secondes à peine. La femme : disparue bien entendu. Et la petite cerise sur le gâteau, la vendeuse d’empanadas qui nous dit « Ben oui, un homme a pris le sac, je vous l’ai dit ». Sauf que si elle a vraiment dit quelque chose, elle l’a murmuré, parce que nous étions à 40cm d’elle et n’avons rien entendu de sa part. Rémy part en courant là ou l’homme a pu s’enfuir, de l’autre côté du grillage, mais se fera arrêter par un policier juste avant de foncer sans le savoir dans les favelas les plus craignos de la ville. Oui oui, littéralement collées au terminal de bus le plus énorme de Buenos Aires (du pays même je pense !!!!).

Et là, discussion avec la police, ils envoient 2 autres policiers dans les favelas « regarder s’ils trouvent le sac », mais reviendrons bien sûr bredouilles. Il ne nous reste plus qu’à aller porter plainte au commissariat le plus proche. Et là, un nouveau cirque commence… Nous passerons 4h au commissariat, alors que nous y étions seuls pour une dizaine de policiers, à répéter et re-répéter notre histoire à celui qui prend notre plaine. Notre patience fut mise à rude épreuve, mais nous ressortons après les 4h avec le précieux sésame : la « denuncia » (déclaration de vol) qui nous servira à faire nos démarches pour obtenir de nouveaux documents. Par ailleurs, nous apprenons que le liquide jaune n’était pas de la fiente de pigeon mais de la moutarde, et que cette technique est très connue des policiers « surveillant » le terminal. Le gang la pratiquant s’appelle « Les Mostazeros » (= les moutardeurs).

Nous partons ensuite à l’ambassade, mais vous imaginez bien qu’un samedi, et en plus 14 juillet, à l’ambassade de France, il n’y a personne. Le garde a tout de même été très sympa et nous a donné l’adresse du consulat tout en leur envoyant un email les prévenant de notre venue le lundi suivant afin que la procédure aille vite. Nous attendons donc impatiemment et nous présentons le lundi matin à la première heure au consulat de France. Comme notre voyage ne s’arrête pas là mais que nous continuons en Asie, deux options s’offrent à nous : faire un passeport temporaire, qui est valable 1 an et s’obtient immédiatement, ou demander un nouveau passeport, pour lequel il faut attendre 3 semaines. Nous choisissons la première option, car nous avions un vol prévu pour Jakarta 10 jours plus tard… Mais après recherches et renseignements auprès de l’ambassade de France à Jakarta, il s’avère que ce n’est pas possible : le passeport temporaire n’est pas accepté à l’entrée en Indonésie, ni dans la plupart des pays asiatiques. Changement de programme forcé : nous faisons faire un passeport normal, annulons tous nos vols prévus 10 jours plus tard et nous mettons à la recherche d’un nouveau vol…

Voilà comment ça s’est passé pour nous… Maintenant, les choses à savoir pour avoir tout ce qu’il faut et réagir vite et bien si ça arrive :

A - AVANT LE VOL

  1. Vous devez TOUJOURS avoir scanné vos papiers : carte d’identité, passeport, coupon de remise de passeport, carte vitale, permis, carnet de vaccination, bref, TOUS. 
  2. Envoyez-vous un email avec tous ces scans en pièces jointes, parce qu’un téléphone, une clé USB, un ordi ou un disque dur, ça peut aussi se perdre ou être volé. Une boîte mail non, donc ils seront TOUJOURS accessibles.
  3. Ayez des photos d’identité aux normes officielles françaises sur vous.

B – JUSTE APRES LE VOL

1. Insulter la terre entière et bien lâcher tous ses nerfs (très important d’avoir évacué avant le 2)

2. Aller porter plainte au commissariat le plus proche en connaissant vos numéros de passeport et autres documents volés. Attention, cette étape est psychologiquement difficile : on vient de se faire voler donc on est super énervés, et la police dans les pays étrangers n’est pas la même que la nôtre. Disons que ce ne sont pas vos meilleurs amis, qu’ils ne cherchent pas à se débarrasser de vous le plus vite possible, et que tout moyen est souvent bon pour obtenir un dessous de table sans le mentionner. 

3. D’où mon conseil : armez-vous de patience, répétez 20 fois le même détail si le policier vous le demande 20 fois en 2h, attendez, ne posez aucune question et ne donnez jamais d’argent. Au bout d’un moment, ils craquent, et vous l’avez, votre déclaration de vol.

4. Se rendre au consulat de France le plus proche (tous les consulats). 

A ce moment, il vous faudra déjà savoir si vous demandez un laissez-passer, un passeport temporaire ou un renouvellement de passeport. Pour info :

- Un laissez-passer n’est valable que si vous rentrez en France prochainement, depuis l’aéroport de la ville dans laquelle vous vous trouvez. C’est un simple papier à présenter à la douane de l’aéroport qui vous permet de rentrer chez vous

- Un passeport temporaire est valable un an et n’est pas biométrique. Il s’obtient directement au consulat en quelques minutes. Il vous faudra alors venir à la date de RDV fixée par le consulat (selon l’urgence, le jour même ou 1 ou 2 jours après votre première venue) avec les scans des papiers volés ainsi que de tous les documents d’identité que vous avez, une photo d’identité aux normes françaises, la déclaration de vol de la police locale ainsi que le montant demandé (environ 45€ en juillet 2018). Si vous n’avez pas de photo aux normes, demandez au consulat où vous pouvez en faire une, ils ont toujours un photographe connaissant les exigences des passeports français vers qui vous envoyer.

 !!! ATTENTION !!! Si vous rentrez en France depuis le même pays, ce passeport vous permettra de continuer à prendre des vols internes et autre transport sans problème. Par contre, si vous devez vous rendre dans un autre pays, contactez absolument l’ambassade de France du pays dans lequel vous allez pour savoir s’il y est accepté. En effet, n’étant pas biométrique, il n’est pas valable dans une grande partie des pays du monde, tels que les USA, le Canada, l’Océanie et l’Asie en général. Renseignez-vous bien avant, car si vous vous présentez avec et que l’on vous laisse embarquer dans le pays d’origine, vous risquez de vous voir refuser l’entrée dans le pays de destination et devoir vous acheter un billet retour pour la France immédiatement, coincé en transit dans l’aéroport… Pas conseillé.

Faire renouveler son passeport est bizarrement plus rapide qu’en France en général. Il faudra vous présenter au RDV donné par le consulat avec les mêmes papiers que pour le temporaire (frais de 96€ et non 45€), mais prévoir cette fois-ci d’être bloqué environ 3 semaines sur place. Vous pouvez demander au consulat de vous le faire envoyer dans le consulat de France d’une autre ville du même pays, mais il faudra patienter une semaine de plus en moyenne. Vous aurez cette fois-ci un passeport biométrique normal qui vous permettra d’aller partout et sera valable 10 ans.

!!! ATTENTION !!! Etant donné que, votre passeport est volé, vous n’avez plus de tampon d’entrée dans le pays, il vous faudra aller à l’immigration afin de vous voir délivrer un document attestant que vous pouvez quitter le pays. Allez-y avec la déclaration de vol et le numéro de votre passeport volé, qui leur permet de voir à quelle date vous êtes entré dans le pays et où (merci la technologie du biométrique… !). Demandez à votre consulat où faire cette démarche et prévoyez au moins une demie journée.

C – APRES VOS DEMARCHES

1. Ne pas se morfondre et ressasser le vol, dites-vous que ce n’est pas si grave et qu’à notre époque, refaire des papiers est facile et rapide.

2. Toujours garder ses sacs sur soi dans les lieux publics, surtout aéroports, gares, métro ou terminaux de bus où il y a beaucoup de monde. Plus la ville est grande, plus on reste aux aguets.

3. Ne jamais se laisser détourner l’attention quand vous avez vos sacs sur vous : une personne vient vous demander d’où part un bus : on ne se retourne pas, des gens courent partout : on suit sa route toujours droit devant, votre compagnon de route vous laisse ses sacs le temps d’aller aux toilettes : on s’assoit sur les sacs, s’assure de tous les avoir en main et on ne répond aux gens que dans cette position mais on ne les accompagne jamais ou ne lâche jamais un sac pour indiquer quoi que ce soit, et si on a de la fiente d’oiseau sur le sac : on la garde et la nettoie plus tard, une fois à l’hôtel ou au Airbnb…

4. Si vous avez un vol extérieur dans les prochains jours ou semaines et que vous devez attendre 3 semaines votre nouveau passeport, ne décalez surtout pas le vol au jour « J » 3 semaines pile après votre déposition du dossier. 3 semaines est une moyenne officielle, ça peut être 2 et demie si vous avez de la chance, mais 4 s’il y a le moindre problème avec la valise diplomatique… On ne prend pas de risque et on prévoit large !

5. Si vous êtes coincés 3 semaines de plus dans le pays, profitez-en pour aller voir des choses que vous n’aviez pas prévu de voir. Et sachez que pas mal de compagnies de bus acceptent de vous laisser voyager tant que vous avez sur vous une photocopie de votre passeport perdu, la déclaration de vol de la police et la déclaration de vol française que le consulat vous remettra lors du dépôt du dossier.

6. Dans tous les cas, ne maudissez pas le pays et n’en soyez pas dégoutés. N’oubliez pas que ça arrive chez nous aussi, et dites vous que plus tard, vous en rigolerez et vous n’oublierez jamais ce moment ! 

Allez, on ne désespère pas les amis, il y a pire dans la vie. Et puis vous savez quoi ? Pour notre part, sur le fait, ça nous a mis un gros coup au moral, mais finalement, on a optimisé nos 3 semaines d’attente pour visiter un peu plus l’Argentine en prenant notre temps. Et puis ça nous a permis d’aller au Brésil 2 semaines ensuite (pour prendre notre nouveau vol) et même 5 jours en escale à Pékin alors que ces pays n’étaient pas au programme ! A refaire maintenant, si on devait encore se faire voler nos passeports et être coincés 3 semaines dans l’hiver de Buenos Aires pour pouvoir voir Rio de Janeiro, les îles brésiliennes paradisiaques, la Cité Interdite, la Grande Muraille de Chine, manger une feijoada et un canard laqué, ben croyez-moi qu’on le referait sans aucune hésitation !!!

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